Le risque de la récession est-il réel ?

Avec une inflation qui s’accélère et un pouvoir d’achat des ménages qui s’en ressent, la consommation, principal moteur de l’économie des pays développés, ralentit.

L’inflation va-t-elle durer ? C’est malheureusement un scénario qui peut être envisagé. 

Difficile de croire que si une paix est signée en Ukraine, les prix de l’énergie retrouveront leurs niveaux antérieurs. Les sanctions contre la Russie sont destinées à durer, l’Union Européenne cherche à se passer définitivement et le plus vite possible du pétrole et du gaz russes. Même si l’OPEP a accepté d’augmenter sa production, les prix resteront élevés.

Le gaz naturel liquéfié (GNL) américain nécessite, quant à lui, de coûteuses installations et beaucoup d’énergie pour le rendre liquide. Autre facteur déterminant : « les prix de l'énergie resteront élevés pour financer la transition énergétique », explique le président d'Engie, Jean-Pierre Clamadieu (Le Figaro du 7 mai), celle-ci réclame en effet de lourdes subventions (pour les éoliennes, les véhicules électriques).

Présente depuis plusieurs années, la politique de la Banque centrale européenne (BCE) – consistant en des rachats de dettes souveraines et en une politique de taux zéro – pousse également les prix à la hausse par l’excès de monnaie qu’elle crée par rapport aux biens et services disponibles. La continuation des déficits budgétaires élevés, notamment de la part de la France, va rendre difficile le resserrement monétaire. 

L’inflation est probablement là pour durer, et en conséquence une période de récession est un risque réel. Les États-Unis pourraient y échapper grâce à leurs ressources fossiles, qui leur assurent une quasi-indépendance énergétique : si le prix du gallon augmente pour le consommateur, les producteurs de pétrole s’enrichissent de leur côté et globalement le revenu national se maintient. Alors que l’Europe voit ses dépenses en énergie fossiles franchir ses frontières à jamais

Face à ce contexte économique tendu, les avertissements d’un risque de récession se multiplient. Plusieurs organisations économiques internationales révisent à la baisse leurs prévisions de croissance. Selon la Banque mondiale, la croissance mondiale devrait être ramenée de 5,7 % en 2021 à 2,9 % en 2022, soit nettement moins que les 4,1% prévus en janvier. L'OCDE revoit également fortement à la baisse ses prévisions de croissance mondiale, qui devrait s'établir à 3 % en 2022 et non plus à 4,5 % comme anticipé en décembre dernier. Dans la zone euro, elle devrait ralentir à 2,6 % contre 5,3 % anticipé l'année dernière, un repli significatif. Le FMI va, lui aussi, abaisser ses prévisions pour 2022.

Le 31 mai, l’INSEE a annoncé que le PIB de la France avait reculé de 0,2 % au premier trimestre, sachant que la définition technique de la récession est deux trimestres consécutifs de repli, nous serons bientôt fixés.

Sources : Rexecode

Le bilan de la BCE : https://twitter.com/Schuldensuehner/status/1463155482659540996

 « Techniquement, les interdictions de louer les passoires énergétiques pourraient faire sortir 3 millions de logements du parc locatif, dont 700.000 rien qu’en 2025 ! » selon Jean-Marc Torrollion, le président de la FNAIM

https://www.capital.fr/immobilier/immobilier-la-hausse-des-prix-nest-pas-tenable-selon-le-president-de-la-fnaim-1421663

 Le 1er janvier 2022, les propriétaires bailleurs et occupants de surfaces de plus de 1.000 mètres carrés seront contraints de réduire leurs consommations d'énergie sur la base de celles de 2010 de -40% en 2030 (soit dans 8 ans seulement), -50% en 2040 et -60% en 2019

https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/biens-d-equipement-btp-immobilier/immobilier-tertiaire-qui-va-payer-la-facture-du-decret-pour-la-transition-energetique-897985.html